L’abolition des primes : l’envers de la médaille de la prime au travail

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Les primes au travail existent depuis plus d’un siècle. Alors, est-il possible que cet incitatif soit dépassé pour l’employé moyen d’aujourd’hui? Les primes visent à améliorer le rendement et à bonifier la rémunération. Mais y parviennent-elles vraiment? Il est peut-être temps que les employeurs libèrent leurs employés de cette pression, ou que les employés demandent à ne plus recevoir de prime. Pourquoi? La raison est simple : rater une prime peut entraîner d’importantes difficultés financières pour le Canadien moyen, et le stress occasionné par cette situation mine l’éducation financière apportée par les programmes d’avantages sociaux et d’aide aux employés que beaucoup d’employeurs offrent à leurs employés.

Rater une prime cause un stress financier

La plupart des gens gèrent correctement leurs frais fixes, mais sont déstabilisés par les dépenses imprévues. L’inverse est aussi vrai. Ils gèrent bien les entrées d’argent régulières, mais ils peuvent être désarçonnés lorsqu’ils reçoivent une prime inattendue. Que se produirait-il pour une personne qui attend impatiemment chaque chèque de paie, comme c’est le cas de 60 % des Canadiens, si elle ne recevait pas l’un de ces chèques de paie tant attendus? Pire encore, si elle devait se passer de trois chèques de paie? C’est ce sentiment que peut engendrer une prime manquée, surtout si on considère que la prime moyenne représente 11 % du revenu annuel de l’employé en question (Conference Board du Canada).

Ensuite, supposons que cette personne comptait sur cette entrée d’argent pour payer une dépense importante ou faire un achat important? Les intérêts accumulés sur une carte de crédit de type « ne payez pas un sou » de 5 000 $ peuvent s’élever à 120 $ par mois, ce qui suffit à faire basculer cette personne dans la spirale de l’endettement.

La perte d’une prime est censée être une source de motivation. Or, le stress associé à cette perte se traduit par une baisse de la productivité.

Actuellement, 39 % des employés indiquent qu’ils « pensent à leurs dettes plusieurs fois par jour et se stressent avec ça » (Pollara), et les trois principaux facteurs de stress excessif sont liés aux finances. Ces derniers ont entraîné une hausse de l’absentéisme, au point où ce dernier correspond maintenant à 2,4 % de la masse salariale nationale (Conference Board du Canada). Même si les employés éprouvant des difficultés financières se présentent au travail, ils passent 13 % de leur journée à gérer leurs problèmes financiers (Groupe [fédéral] de travail sur la littératie financière).

Les difficultés financières sapent les conseils financiers du PAE

À bien y penser, il serait préférable que les employeurs cessent de verser des primes, augmentent les salaires, offrent de bons avantages sociaux, y compris de l’éducation financière, et définissent des parcours de carrière clairs. De plus, comme source de motivation pour leurs employés, les employeurs devraient adopter des marques de reconnaissance de base, comme leur parler, les encadrer lorsqu’ils prennent du retard, les féliciter lorsqu’ils sont en avance et leur accorder des primes non financières pour leur travail exceptionnel.

Voici une piste de réflexion : lorsque Google a voulu augmenter les primes de ses employés en 2011, elle a découvert que ces derniers préféraient une rémunération plus stable. Par conséquent, elle a augmenté de 10 % le salaire de base de chaque employé. Il a ainsi atteint deux objectifs : les employés bénéficient d’une rémunération garantie plus élevée, et cet incitatif est plus précieux parce qu’il touche le salaire.