Quatre générations d’employés en milieu de travail : une nouvelle réalité

Publié

des collègues regardant un ordinateurLa comédie « Sanford and Son », popularisée dans les années 70, illustrait la réalité de deux travailleurs issus de générations différentes luttant pour maintenir la viabilité de leur entreprise. Elle opposait les valeurs du père, un entrepreneur fort de nombreuses années d’expérience, aux valeurs modernes de son fils. Quarante ans plus tard, après la mise en marché massive des ordinateurs de bureau, le monde s’est métamorphosé.

Les entreprises familiales ont survécu, mais les organisations multinationales et les petites entreprises basées sur le Web se livrent une chaude lutte pour attirer les consommateurs. Il suffit aujourd’hui d’un clic de souris pour accéder aux marchés mondiaux. De plus, tout comme les structures et les pratiques commerciales, la main-d’œuvre continue d’évoluer. Nous constatons à l’heure actuelle l’émergence d’une nouvelle réalité : alors que la génération des jeunes Canadiens d’aujourd’hui (surnommée « Y » ou les « enfants du millénaire ») fait son entrée sur le marché du travail, certains aînés retournent au travail. Pour la première fois, quatre générations différentes se côtoient dans le monde du travail.

Cette réalité est particulière en ce que les expériences vécues par ces groupes, qui ont forgé leurs valeurs et leur perception du travail, sont bien différentes d’une génération à l’autre. Dans son livre intitulé Generations at Work, (en anglais seulement) Ron Zemke affirme que la majorité des conflits en milieu de travail découle de ces différences de valeurs plutôt que de la différence d’âge.

Voici quelques caractéristiques fondamentales de chacune de ces générations :

La génération silencieuse ou les vétérans (née entre 1922 et 1945) : survivante de la Deuxième Guerre mondiale, elle a grandi avec des règles strictes, d’où l’importance qu’elle accorde à la qualité, au respect et à l’autorité.

  • Le travail est une obligation.
  • Style de gestion : directif et militaire. Pour communiquer, elle préfère la voie officielle, comme les notes de service. Elle vise la satisfaction du devoir accompli.
  • Récompense : « Pas de nouvelles, bonne nouvelle! » Le respect que lui témoigne autrui est une source de motivation.
  • Équilibre : il faut dissocier le travail et la vie personnelle.
  • Technologie : le barrage Hoover

La génération des baby-boomers (née entre 1946 et 1964) : bourreau de travail, elle croit tout naturel de devoir faire des sacrifices pour arriver à ses fins. Elle incarne la loyauté, mais remet en question l’autorité.

  • Le travail est une aventure.
  • Style de gestion : centré sur la qualité. Elle préfère la communication en personne. Elle est motivée lorsqu’elle se sent utile et appréciée.
  • Récompense : la richesse et le statut social.
  • Équilibre : le travail est au cœur de sa vie.
  • Technologie : le four à micro-ondes

La génération « X » (née entre 1965 et 1980) : pour elle, la productivité est plus importante que le nombre d’heures passées à travailler. Elle est menée par la volonté d’éliminer des tâches. Elle est sceptique et autonome, mais désire être bien encadrée.

  • Le travail est un défi ardu, un contrat.
  • Style de gestion : traiter chacun sur un pied d’égalité, lancer des défis, demander pourquoi. Elle préfère la communication directe et immédiate. La meilleure récompense est la liberté. Contrairement à la génération silencieuse, elle désire obtenir de la rétroaction, même qu’elle n’hésite pas à en demander.
  • Elle est motiveé par la liberté et l’élimination des règles, en quoi elle voit une récompense.
  • Équilibre : elle travaille pour vivre.
  • Technologie : appareils mobiles

La génération « Y » (née entre 1981 et 2000) : ayant fait ses premiers pas pendant les premiers balbutiements d’Internet, elle cohabite à merveille avec l’informatique sans fil et les médias sociaux. Elle manie ces technologies de main de maître et sait comment en tirer parti. Elle peut ainsi effectuer simultanément plusieurs tâches, mais a tendance à s’ennuyer facilement. Tenace, elle jouit d’un bon esprit d’entrepreneuriat.

  • Le travail est un moyen d’obtenir autre chose.
  • Style de gestion : il est encore trop tôt pour le dire. Elle préfère communiquer par messages texte, par courriel et par messages vocaux. Le sentiment d’utilité au travail est leur récompense. Elle obtient de la rétroaction au moment opportun, en appuyant simplement sur un bouton.
  • Elle est motiveé lorsqu’elle travaille avec d’autres gens allumés.
  • Équilibre : « Il est 17 h, je dois y aller! »
  • Technologie : virtuelle

Chaque génération amène des habiletés formidables dans son milieu de travail. Dans les prochains billets, nous parlerons des difficultés particulières à résoudre lorsqu’on travaille avec des collègues d’autres générations.

Par Mark Pundzius. Mark possède plus de 15 ans d’expérience en counseling de carrière. Il se spécialise dans la gestion de carrière, de l’avancement et de l’adaptation au changement. Marc a déjà occupé des fonctions de commis administratif, d’agent de service à la clientèle à bord de trains et de gérant de commerce de détail. Il a également été restaurateur d’antiquités et a exploité sa propre auberge. Tous ces métiers l’ont amené à développer une vision très large du marché du travail et un regard unique sur les cheminements de carrière inhabituels. Titulaire d’un diplôme en counseling de carrière professionnel du collège George Brown de Toronto (Ontario), il se passionne pour le domaine en constante évolution qu’est le monde du travail. Mark travaille actuellement comme superviseur au service de counseling de carrière de Shepell∙fgi.