Chronique de la prostate

Publié

Un conseiller peut vous venir en aide. 1866 833-7690 travailsantevie.com


un homme penseC’est de nouveau ce moment de l’année où nous voyons de plus en plus d’hommes porter la moustache dans le cadre de la campagne Movember, qui vise à recueillir des fonds pour lutter contre le cancer de la prostate. J’ai même aperçu des femmes arborant une moustache dessinée au crayon pour appuyer cette importante cause! En effet, le cancer de la prostate est le plus fréquent chez les Canadiens, et environ 4 000 d’entre eux en succomberont cette année. Movember a vu le jour en 2003 et comptait alors quelque 30 membres. Étonnamment, il avait déjà pris des proportions mondiales en 2013, où plus de 4 millions d’hommes s’étaient fait pousser la moustache en guise de soutien au mouvement. Avec la croissance fulgurante qu’elle a connue, cette campagne a réellement aidé la gent masculine à prendre conscience de la nécessité de veiller à la santé de sa prostate. En participant à ce mouvement d’envergure planétaire, nous, les hommes, envoyons un puissant message, par lequel nous affirmons non verbalement reconnaître l’importance de ce problème.

Je ne peux toutefois pas faire autrement que me demander s’il suffit de porter la moustache en novembre pour sensibiliser les hommes à cette cause. Devrais-je aller plus loin? Et si je profitais du moment où je regarde le match du samedi soir avec mes copains pour leur annoncer que j’irai faire examiner ma prostate, puis leur demander s’ils feront de même? Ce serait peut-être pécher par excès d’information! Après tout, n’est-il pas vrai que les hommes ne sont pas typiquement connus pour partager spontanément les détails intimes de leur vie? Quoi qu’il en soit, peut-être qu’à force d’aborder ce sujet, les hommes n’éprouveront plus de malaise à affirmer qu’ils font examiner leur prostate.

Je n’ai pas oublié la première fois où j’ai parlé avec mon médecin de l’examen de la prostate (qui comprend aussi le test sanguin de l’antigène prostatique spécifique [APS]). J’ai finalement décidé de passer cet examen, mais j’avoue que j’étais terrorisé. Je m’attendais à vivre une expérience horrible, mais en réalité, il y a eu beaucoup plus de peur que de mal. Laissez-moi vous dire que j’étais déjà passé au travers d’interventions médicales beaucoup plus désagréables! Mon médecin s’est donné la peine de m’expliquer toutes les étapes de l’examen qui, selon mon estimation, durerait une dizaine de minutes. Or, tout était terminé au bout de 45 secondes. Il m’a ensuite annoncé que mon état de santé était normal. J’étais certes soulagé que tout soit fini, mais aussi parce que je n’avais plus à m’en préoccuper.

Suis-je allé trop loin en racontant tout cela? Peut-être. Certains hommes se reconnaîtront toutefois dans mes propos, et d’autres y trouveront la motivation suffisante pour passer à l’action. Alors voici ce que je dis à ces derniers : je passe maintenant l’examen de la prostate chaque année, et bien qu’elle soit désagréable, cette précaution demeure nécessaire, surtout si vous êtes âgés d’au moins 50 ans ou si vous avez des antécédents familiaux de cancer de la prostate. Selon la Dre Kim Foster (en anglais seulement), une détection précoce peut faire la différence entre la vie et la mort, sans parler de maintenir un poids santé, de suivre un régime alimentaire équilibré et de se tenir en forme. À tout le moins, demandez à votre médecin quels sont vos risques afin de déterminer le bon moment pour commencer à faire l’examen annuel de votre prostate.

Porter la moustache au mois de novembre est un excellent moyen de prendre part à la campagne de sensibilisation, mais n’oubliez pas qu’il vous faut aussi franchir l’étape suivante, c’est-à-dire passer l’examen. Demandez à votre médecin en quoi il consiste. Parlez-lui de vos craintes à propos de cet examen et il aura tôt fait de vous rassurer.

Joyeux Movember!

Par Michel Arsenault