SEXTORSION : la nouvelle arnaque du cyberprédateur — Deuxième partie

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SEXTORSION : la nouvelle arnaque du cyberprédateur — Deuxième partieDans le billet précédent, nous avons parlé de sextorsion et de cyberprédation, des délits dangereux issus de l’ère des médias sociaux et d’Internet. Mais comment devient-on victime de ces crimes, et comment nous en protéger, nous et nos enfants?

Comment les cyberprédateurs trouvent-ils leurs victimes?

Les prédateurs sont des individus, habituellement organisés en réseau, qui surveillent les salles de discussion en ligne. Lorsqu’ils découvrent un jeune qui leur semble vulnérable sur le plan émotionnel, ils commencent à glaner de l’information ce dernier : où il habite, qui sont ses amis et sa famille, quelle école il fréquente. Tout commence dans les médias sociaux. Après avoir établi un contact avec sa victime, le prédateur passe à la coercition verbale, lui adressant des compliments et des paroles flatteuses. Il peut prétendre être du sexe opposé afin de créer chez la victime un faux sentiment de sécurité et de gagner sa confiance. Ironiquement, la plupart des sextorqueurs ne sont pas de vieux pervers : il s’agit habituellement d’hommes dans la vingtaine ou la trentaine.

Au début, le prédateur peut convaincre sa victime de lui envoyer une photo suggestive, pour ensuite la menacer afin de lui extorquer des photos encore plus révélatrices ou la pousser à des activités plus osées. Parfois, le prédateur dira à la victime qu’il sait où elle habite et qu’il s’en prendra à sa famille si elle ne se plie pas à certaines de ses exigences, habituellement lui fournir des photos d’elle nue ou dans des poses lascives. Ces exigences prennent de l’ampleur et se transforment en menaces et en intimidation. Une fois que le prédateur a réussi à obtenir les premières photos ou vidéos, il s’en sert pour en extorquer davantage à sa victime. Les photos ne sont qu’un début. Ses demandes sont toujours plus salaces, et peuvent inclure l’utilisation d’une webcaméra et l’enregistrement de la victime se prêtant à diverses activités sexuelles ou à des séances de masturbation, seule ou avec d’autres.

Les prédateurs pirates

Le saviez-vous? Votre webcaméra peut être piratée et vous devenez alors, à votre insu, vulnérable aux sextorqueurs. Cela peut arriver si vous acceptez sans réfléchir l’installation d’un programme ou d’une application. La gagnante du concours Miss Teen USA de 2013 n’était pas invulnérable… son ordinateur a été piraté. Le pirate a utilisé sa webcam pour prendre des images d’elle en train de se déshabiller, puis il l’a menacée de publier les images en ligne si elle ne lui fournissait pas des photos d’elle nue ou une vidéo, ou refusait de lui parler sur Skype. Plus tard, l’enquête a permis de découvrir que son prédateur était un ancien collègue de classe. Donc, par mesure de précaution, je vous recommanderais, à vous et aux membres de votre famille, d’éviter de vous dévêtir dans la pièce où se trouve votre webcam.

Le tort que causent les cyberprédateurs

Le tort que cette nouvelle forme d’extorsion et d’intimidation cause à la victime, à sa famille et à sa collectivité constitue une véritable tragédie. Les cyberprédateurs utilisent l’humiliation, la honte, la culpabilité, l’intimidation, ils menacent de s’en prendre aux proches de la victime et de publier les images ou les vidéos en ligne et hors ligne afin d’obtenir ce qu’ils veulent. Le cas le plus éloquent et le plus connu est probablement celui d’Amanda Todd, une adolescente de la Colombie-Britannique qui a mis fin à ses jours en octobre 2012 après avoir été intimidée non seulement par son tortionnaire, mais également par ses pairs. Or, Amanda n’a pas seulement fait l’objet de cyberintimidation. Nous savons maintenant qu’elle a été victime de sextorsion, un autre facteur ayant contribué à son suicide. Le destin d’Amanda nous montre à quel point la sextorsion est présente dans nos vies et, heureusement, que les policiers, les enseignants et professeurs et les professionnels de la santé mentale y sont de plus en plus sensibilisés.

Que faire pour vous protéger, vous et vos enfants?

  • LA PRÉVENTION est votre première ligne de défense. Informez-vous sur la cybercriminalité, parlez-en à vos enfants et apprenez des techniques de sécurité en ligne.
  • Soyez présent et tenez-vous au courant des activités de vos enfants sur Internet et dans les médias sociaux.
  • Utilisez les contrôles parentaux de votre téléviseur et de vos ordinateurs.
  • Sécurisez votre réseau à domicile, en créant des mots de passe difficiles à déchiffrer pour votre réseau sans fil.
  • Limitez l’utilisation des webcaméras et ne l’apportez pas dans votre chambre à coucher ou votre salle de bain. Si votre ordinateur portable est muni d’une webcaméra intégrée, refermez-le la nuit. Si vous avez un ordinateur de table, débranchez la caméra de sa prise USB. Mieux encore, éteignez-le!
  • Fixez des limites raisonnables quant à l’utilisation des appareils électroniques à la maison; restreignez l’utilisation d’Internet derrière des portes closes ou loin des autres.
  • Évitez de cliquer sur des publicités ou des pièces jointes suspectes ou que vous n’attendiez pas. Vous perdrez toutes vos données si vous n’achetez pas un bouclier de sécurité dans les cinq prochaines minutes! Gare aux logiciels malveillants!
  • Méfiez-vous! Si un programme s’affiche à votre écran et vous demande la permission de s’installer, mais que vous ne le reconnaissez pas ou avez des doutes… NE CLIQUEZ PAS sur le bouton « Accepter »! Cherchez le nom du programme dans Google pour savoir quel risque vous courez.
  • Apprenez à exécuter une analyse de sécurité ou à effectuer une maintenance régulière de votre ordinateur pour éradiquer les virus et les logiciels malveillants.
  • Apprenez des procédures sécurisées pour vos interactions en ligne. Évitez de publier un trop grand nombre de renseignements personnels.
  • Enseignez à vos enfants qu’il y a des limites à respecter quand ils publient leurs renseignements personnels, surtout lorsqu’ils jouent en ligne.
  • Parlez ouvertement de la cyberintimidation et de la sextorsion avec vos enfants.
  • Signalez tout matériel ou tout comportement suspect à la police. Ne fermez pas les yeux, il vaut mieux être trop prudent que de tomber dans les griffes d’un prédateur.
  • Encouragez le débat et demandez l’aide d’un professionnel de la santé mentale ou de votre PAEF si vous avez des questions, des préoccupations ou des doutes quant au comportement ou aux relations de vos enfants.

Vous pourriez ne pas vous sentir à l’aise d’aborder des sujets comme la cyberintimidation ou la sextorsion avec vos enfants. C’est un mauvais moment à passer, mais il en vaut la peine pour que toute votre famille soit au fait des risques et sache comment les éviter. Votre conseiller au PAEF peut vous aider.

Pour approfondir le sujet :

Cyber Alerts for Parents & Kids Tip #2:  Beware of “Sextortion”  (en anglais seulement) http://www.fbi.gov/news/stories/2012/february/sextortion_021012

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