Vieillir

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Vieillir « When I get older, losing my hair, many years from now…. Will you still need me, will you still feed me, when I’m sixty four? »  Vous souvenez-vous de cette chanson des Beatles sortie en 1967? Nous avions 17 ans à l’époque et trouvions que cette chanson était jolie et romantique, sinon un peu futile. Nous étions encore très loin d’avoir 64 ans, et nous considérions les gens de cet âge comme vraiment très vieux. Puisque pour nous vieillir n’était qu’une idée abstraite, nous ne nous sentions nullement concernée par l’idée qu’aux yeux du monde, à 64 ans, nous perdons notre beauté et nous sommes passés la date « meilleur avant ». Être « vieux » était une chose inconcevable.

Nous savons tous après l’avoir constaté que, comme la plupart des organismes biologiques, nous naissons, nos capacités se développent, puis, si nous avons de la chance, le déclin s’amorce et nous mourrons de vieillesse ou d’une maladie liée à la vieillesse. De nos jours, selon les statistiques de 2013 de l’Organisation mondiale de la santé, l’espérance de vie de l’ensemble des Canadiens est de 82,5 ans. Plusieurs d’entre nous vivront bien au-delà de cet âge. Mon père adoré vient d’avoir 90 ans et il aime encore profiter pleinement de la vie, apprendre de nouvelles choses et entretenir des relations avec les autres. Certains pourraient même dire que son sens de l’humour, sa patience, son savoir-faire et sa sagesse ont effectivement continué de s’épanouir depuis qu’il a eu 60 ans. La clé de cette vie heureuse réside non seulement dans le fait qu’il est libéré des contraintes qui pèsent sur les adultes d’âge moyen et qu’il n’a plus à s’occuper de l’éducation de ses enfants, mais aussi dans le fait qu’il continue d’être curieux, engagé et en bonne santé physique. Bien sûr, avoir les moyens d’échapper à nos rudes hivers canadiens ne fait pas de tort non plus. Il entretient ses centres d’intérêt et utilise encore ses nombreuses capacités.

 

Certains d’entre nous profitent pleinement de l’âge mûr, tandis que d’autres protestent avec véhémence, en luttant contre le vieillissement chaque étape de leur vie. Plusieurs d’entre nous se situent quelque part au milieu. Il y a l’expression « vieillir avec élégance », que je trouve intéressante et que je vais envisager, tout comme l’idée de « bien composer avec la pression », car les deux évoquent la conscience de soi et le choix délibéré.

 

Non seulement nous avons tous des motivations différentes, mais nous avons tous aussi nos propres talents, prédispositions génétiques, personnalités, contextes sociaux et ressources financières. Penser que nous sommes tous pareils et juger une personne uniquement par son âge est non seulement une erreur, mais aussi une violation des droits de la personne. Cela étant dit, les attentes sociales négatives et la discrimination fondées sur la perception de l’âge d’une personne peuvent avoir des répercussions sur la confiance en soi de cette personne, ainsi que sur les possibilités qui s’offrent à elle en matière d’emploi ou dans la vie en général.

Sur le marché du travail, il est prouvé que les travailleurs plus âgés peuvent être les « premières personnes licenciées » lorsque l’économie ou la situation financière d’une entreprise en particulier se détériore. Les travailleurs plus âgés peuvent également éprouver plus de difficultés à se trouver un nouvel emploi. Même s’ils travaillent encore, ils peuvent ne pas être pris en considération pour certains postes ou des promotions à cause de préjugés liés à l’âge. Ils peuvent ressentir une pression subtile et parfois pas très subtile de prendre leur retraite, afin de faire place à des concurrents plus jeunes, soi-disant plus énergiques, et, dans le monde d’aujourd’hui, qui maîtrisent mieux la technologie. Comme pour toute personne victime de préjugés et de discriminations, il est préférable d’essayer de neutraliser les stéréotypes rattachés à l’âge en adoptant des attitudes et des comportements qui remettent en question les pratiques discriminatoires et les préjugés qui persistent. Cela comprend avoir sa propre perception de soi-même et des limites intériorisées. Lorsque nous croyons que nous sommes « vieux » et « dépassés », nous pouvons décider de cesser d’essayer de satisfaire aux nouvelles exigences. Nous pouvons craindre les belles occasions que la vie nous offre, plutôt que d’en profiter. Nous pouvons penser que les autres nous considèrent comme trop vieux au lieu de décider de leur prouver le contraire, et peut-être aussi de nous le prouver à nous-mêmes. Nous nous imposons nous-mêmes des limites.

Avez-vous déjà entendu le slogan populaire sur la retraite, soit « Liberté 55 »? L’idée que peut-être à 55 ans (ou à un autre âge magique entre 55 et 65 ans) nous parviendrons à nous libérer de la nécessité d’avoir un emploi rémunéré est très séduisante pour plusieurs, même si elle est irréaliste. Tous n’aiment pas leur emploi. Toutefois, la liberté ne suppose pas seulement de ne plus avoir à travailler, mais elle suppose aussi de choisir de ne plus travailler. Comme plusieurs l’ont constaté, il est très décourageant que notre employeur nous donne cette liberté à 50 ou 60 ans lorsque nous ne disposons pas des ressources nécessaires pour maintenir notre mode de vie, et encore moins pour commencer à parcourir le monde ou à nous adonner à de nouveaux loisirs. C’est au moment où nous devons faire face au marché de l’emploi en tant que travailleur plus âgé que la discrimination fondée sur l’âge devient vraiment effrayante. Même si maintenir notre mode de vie n’est pas un problème, nous continuons d’éprouver les mêmes besoins qui étaient précédemment comblés par un emploi rémunéré, soit le sentiment d’identité, le sentiment d’appartenance et le sentiment d’être utile.

Tout cela étant dit, là où je veux en venir, c’est que peu importe si vous continuez d’avoir un emploi rémunéré ou non, par choix ou par nécessité, après 55, 65 ou 70 ans, votre qualité de vie dépendra de votre intérêt à vous adonner à des activités enrichissantes et utiles, qui favorisent la gestion du stress ainsi qu’une bonne santé mentale et physique.

Si seulement nous pouvions découvrir ces vérités lorsque nous sommes jeunes, nous pourrions en profiter tout au long de notre vie. Dans la poursuite de ces idéaux, nous devons découvrir le meilleur moment d’expérimenter, de changer et d’aller de l’avant. En cours de route, nous devons bien prendre soin de nous-mêmes afin d’être capables d’aller de l’avant lorsque l’occasion et le moment sont propices pour nous.

 

Si vous envisagez la prochaine étape de votre vie ou les difficultés liées au vieillissement de la population active, votre programme d’aide aux employés et à la famille (PAEF) offre de nombreux services pour vous aider. Vous pouvez parler à un conseiller, consulter un conseiller en orientation professionnelle et en savoir davantage sur la planification de la retraite et les services de soutien financier. Composez le 1 866 833-7690 ou visitez travailsantevie.com.