Vous pouvez arrêter de crier après vos enfants. Vraiment!

Publié

You can stop yelling at your kidsLes enfants ne viennent pas avec un manuel d’instruction. Cependant, si c’était le cas, on y indiquerait probablement qu’il ne faut pas leur crier après. En tant que parent, cela me semble logique, mais j’ai trois enfants, et les deux plus vieux pourraient être surpris de savoir que je pense ainsi. Je n’ai pas tout à fait maîtrisé l’art d’être parent avec mes deux premiers enfants, mais selon moi, il n’y a aucun doute que lorsque mon fils de neuf ans aura atteint l’adolescence, j’aurai acquis un certain savoir-faire dans ce domaine.

Ce savoir-faire consiste entre autres à communiquer avec mes enfants sans hurler. Nous sommes nombreux à nous être juré de ne pas agir comme nos propres parents et à nous être réveillés un jour en constatant que la pomme n’est vraiment pas tombée loin de l’arbre. En vérité, nous apprenons beaucoup de nos propres modèles parentaux. Il est donc important de reconnaître que la façon dont nous choisissons de jouer notre rôle parental a un effet durable.

Il y a bien longtemps, le poème intitulé « Children Learn what they live » (Les enfants apprennent par l’exemple), magnifiquement écrit par Dorothy Law Nolte , Ph. D., a été ma source d’inspiration. Il s’agit peut-être de la meilleure référence pour tous ceux et celles qui désirent être un bon parent. Toutefois, nous sommes humains et parfois, pendant un instant, lorsque nos enfants nous tombent sur les nerfs ou que nous sommes débordés, crier nous semble être une très bonne idée. Est-ce que je viens tout juste de dire cela à voix haute?

Oui, je l’ai fait. Bien qu’il soit normal et commun de se sentir profondément frustré par nos enfants, il est essentiel de comprendre que notre voix extérieure peut avoir un effet des plus néfastes sur leur santé mentale. Il suffit de demander à madame Law Nolte! Son poème sur les éléments, bons ou mauvais, qui produisent un effet durable sur la santé mentale de nos enfants est saisissant de vérité. En fait, une étude récente a révélé qu’un groupe d’adolescents de 13 ans dont les parents ont l’habitude d’élever la voix présentaient plus de symptômes de dépression et avaient une estime de soi plus faible que ceux dont les parents n’avaient pas cette habitude (Journal of Child Development 2013).

Parler, plutôt que de crier, est la règle d’or si nous voulons influencer positivement nos enfants et créer des liens avec eux. Bien sûr, nous sommes humains et nous commettons tous des erreurs. Le fait de hausser parfois le ton ne fait pas de vous un mauvais parent. Mais tout effort que vous déployez pour réduire le nombre de fois où vous hurlez (ou même cesser complètement de le faire) fera de vous un parent plus efficace, et fera le plus grand bien à vos enfants à long terme.

 

Est-ce que vos enfants se comportent mieux quand vous élevez la voix?

Les parents qui crient ont tort de croire qu’en haussant le ton, ils mettent davantage l’accent sur le message et que cela incite leur enfant à se montrer plus attentif. Cette méthode peut fonctionner les premières fois, mais ensuite votre enfant apprend tout simplement à vous ignorer ou à être sur la défensive, et finit par perdre le respect qu’il a pour vous. Si vous avez l’habitude d’élever la voix pour n’importe quelle raison, votre enfant ne fera pas le lien entre votre réaction et le méfait. Il peut être justifié de hurler à votre enfant de trois ans de rester sur le trottoir pendant qu’une voiture passe, mais si crier est votre manière habituelle de réagir, cela nuira à votre relation avec votre enfant et diminuera son estime de soi. Crier n’est qu’une façon brutale de nuire à son image de soi, et a des effets contre-productifs. Donc, au lieu de hausser le ton, apprenez à exercer votre autorité parentale en parlant d’un ton ferme.

 

Pourquoi les parents crient-ils?

Prenez un moment pour vous poser quelques questions difficiles : « Suis-je un parent qui crie? Dois- je souvent hausser le ton pour que mes enfants m’obéissent? ». Maintenant, prenez un moment pour vous accorder le mérite auquel vous avez droit. Les parents crient pour différentes raisons, et une fois que vous comprenez ces raisons, il est plus facile de le faire moins souvent.

Si vous criez, vous pourriez :

  • être frustré ou stressé, et incapable d’envisager d’autres options;
  • être fatigué. Parfois, nos capacités d’adaptation sont mises à rude épreuve;
  • réagir impulsivement, c’est-à-dire sans prendre le temps nécessaire de répondre rationnellement et calmement;
  • compenser les moments où vous avez manqué de fermeté;
  • être engagé dans une épreuve de force avec votre enfant. Hurler correspond à la « crise de l’adulte ».

 

Que faire si vous avez crié après votre enfant?

  • Calmez-vous.
  • Prenez un nouveau départ : trouvez une autre occasion de gérer le comportement de votre enfant sans perdre le contrôle de vous-même.
  • Assumez votre comportement, apprenez de la situation et envisagez de laisser savoir à votre enfant que vous essayez de changer. Notre volonté de présenter des excuses à nos enfants pour nos mauvais choix est un merveilleux exemple de la manière dont ils doivent se comporter dans leur propre vie.

 

Essayez ces six étapes pour jouer votre rôle parental plus efficacement.

1.       Désengagez-vous

Si vous avez l’impression de participer à un concours de celui qui crie le plus fort, retirez-vous littéralement de la situation et mettez fin au conflit. Vous pourrez ainsi trouver une façon plus efficace de réagir et votre enfant aura le temps de réfléchir à la situation. Déterminez un moment pour reparler du problème.

2.       Prenez une pause

Prenez quelques respirations profondes, comptez jusqu’à 10 ou retirez-vous dans votre chambre! Une courte pause peut vous permettre de réagir efficacement à la situation.

3.       Le miroir

Lorsque vous êtes calme et maître de vous-même, revoyez vos réactions à l’égard de vos enfants. Réfléchissez à ce qui déclenche votre frustration et votre stress. Définissez les outils dont vous avez besoin pour communiquer plus efficacement. Écoutez, plutôt que de disputer.

4.       Reparlez du problème et engagez-vous à le résoudre

Après un certain temps et un peu de recul, changez votre perspective sur la source du conflit et adoptez une nouvelle approche. Réfléchissez à la façon dont vous entamerez la discussion sur le conflit, ensuite parlez calmement à votre enfant de vos préoccupations.

5.       Temps de transition

Lorsque vous arrivez à la maison à la fin de la journée, donnez-vous suffisamment de temps pour vous détendre et évacuer le stress lié à votre travail et à votre retour à la maison. N’essayez pas de résoudre les problèmes familiaux dès que vous franchissez la porte. Accordez-vous du temps seul pendant dix minutes, vérifiez le courrier, prenez une collation.

6.       Demandez de l’aide.

Parlez-en à votre conjoint ou à vos amis. Ils peuvent souvent vous apporter du soutien et vous aider à identifier vos déclencheurs de stress, ou vous suggérer d’autres manières d’agir avec vos enfants.

Vous devez toujours vous rappeler le type de parent que vous souhaitez être. Nous avons la chance de pouvoir recommencer plusieurs fois par jour, et tout effort que nous faisons pour être un meilleur parent nous aidera à bâtir des relations solides avec nos enfants.

Si vous désirez apprendre des stratégies pour rester calme et être un parent plus efficace, envisagez de parler à un conseiller ou de consulter notre trousse de ressources en santé et mieux-être consacrée au rôle parental.

 

Ressources recommandées :

  • Barbara Coloroso

Le poème :