Quantité et qualité : les mythes du fonctionnement multitâche (premier billet)

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Quantity and quality – the multitasking myth, Part 1

Nous avons tous entendu dire que, pour rester concurrentiel, il faut trouver de nouveaux moyens d’accomplir le travail plus rapidement, avec moins de ressources et à moindre coût. Facile à dire, mais pas si facile à faire!

C’est là qu’on pense au fonctionnement multitâche, un terme tiré du secteur informatique qui désigne la capacité d’un microprocesseur d’effectuer plusieurs tâches simultanément. Dans le domaine humain, cette notion signifie « accomplir le plus grand nombre de tâches aussi rapidement que possible ». Pour y parvenir (et accélérer encore plus la cadence), nous nous sommes tournés vers les ordinateurs, les téléphones intelligents et les tablettes.

En fait, pour fonctionner en mode multitâche, il faut remplir deux conditions. La première : au moins une des tâches doit être un automatisme, c’est-à-dire qu’on l’accomplit sans réfléchir, sans se concentrer sur son exécution; par exemple, faire une promenade ou manger. La seconde : la tâche doit faire appel à différents types de processus cognitifs. Ce que nous appelons le fonctionnement multitâche consiste en fait à passer d’une tâche à l’autre ou à l’exécution rapide d’une suite de tâches. Selon certains experts, le fait de passer rapidement d’une tâche à l’autre n’est pas un gage d’efficacité; cela entraîne plutôt une baisse de productivité pouvant aller jusqu’à 40 %.

D’après un article (en anglais seulement) publié par trois chercheurs de l’université Stanford, les gens qui se croient efficaces en mode multitâche sont ceux qui performent le moins bien dans ce type de fonctionnement. Ils font davantage d’erreurs, retiennent moins d’éléments en mémoire et prennent plus de temps à terminer une variété de tâches nécessitant de la concentration, par rapport à ceux qui estiment travailler moins souvent en mode multitâche.

Des recherches financées par Hewlett-Packard et dirigées par l’Institut de psychiatrie de l’université de Londres ont révélé que les gens accaparés par le courrier électronique et les appels téléphoniques subissent une baisse de leur quotient intellectuel au moins deux fois plus élevée que celle qu’entraîne la consommation de la marijuana. Les psychologues ayant mené l’étude parlent d’une nouvelle infomanie pour désigner un phénomène qui menace gravement la productivité en milieu de travail.

Et ce n’est pas tout! Voici certains des nombreux problèmes supplémentaires associés au fonctionnement multitâche :

Bien que des questions fassent encore l’objet de recherches, les données recueillies semblent indiquer que le fonctionnement multitâche n’est pas du tout la solution aux défis liés à la productivité; au contraire, il complique la gestion du travail.

Toutefois, le tableau n’est pas entièrement noir. Dans le deuxième billet de ce blogue, nous verrons des stratégies visant à rehausser la productivité et des solutions de rechange au fonctionnement multitâche.

 

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À PROPOS DE L’AUTEUR
Mark Pundzius possède plus de 15 ans d’expérience en counseling de carrière. Il se spécialise dans la gestion de carrière, de l’avancement et de l’adaptation au changement. Marc a déjà occupé des fonctions de commis administratif, d’agent de service à la clientèle à bord de trains et de gérant de commerce de détail. Il a également été restaurateur d’antiquités et a exploité sa propre auberge. Tous ces métiers l’ont amené à développer une vision très large du marché du travail et un regard unique sur les cheminements de carrière inhabituels. Titulaire d’un diplôme en counseling de carrière professionnel du collège George Brown de Toronto (Ontario), il se passionne pour le domaine en constante évolution qu’est le monde du travail. Mark travaille actuellement comme superviseur au service de counseling de carrière de Shepell∙fgi.

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