Automutilation chez les jeunes – ce que vous devez savoir en tant que parents

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Automutilation chez les jeunes – ce que vous devez savoir en tant que parentsPour la plupart des parents, l’automutilation est un comportement étrange et difficile à comprendre. Il est tout à fait normal d’éprouver une grande détresse et de se sentir désemparé en apprenant que son enfant s’inflige volontairement des coupures ou d’autres blessures. Voici des renseignements factuels et des outils qui vous aideront à écarter les perceptions pouvant causer de l’angoisse.

Lorsqu’on parle de blessures infligées par soi-même, la plupart des gens pensent à l’automutilation par coupures. Toutefois, il peut aussi s’agir de brûlures, d’égratignures, de surdoses mineures de médicaments et d’éraflures. De façon générale, l’automutilation n’est pas un comportement suicidaire, mais une stratégie d’adaptation maladroite qui crée une dépendance et que l’on observe principalement chez les jeunes.

Selon une étude menée chez des jeunes canadiens âgés de 14 à 21 ans, près de deux adolescents sur dix se sont infligés volontairement des blessures à un moment ou à un autre.

Aussi paradoxal que cela puisse paraître, la plupart des jeunes qui ont un comportement automutilateur tirent une sensation de contrôle intense de la douleur provoquée par les blessures qu’ils s’infligent. Cette sensation très forte permet de suspendre temporairement l’anxiété, la douleur émotionnelle, la torpeur et l’aversion qu’ils éprouvent envers eux-mêmes.

Malheureusement, les jeunes qui s’infligent volontairement des blessures ignorent généralement qu’il existe des moyens de gérer sainement leurs émotions négatives. Ils en viennent à l’automutilation en raison d’un profond besoin, et non par choix. Contrairement aux stratégies d’adaptation saines, l’automutilation ne procure qu’un soulagement éphémère et elle risque de  créer une dépendance, car, afin d’obtenir le même degré de soulagement, le jeune doit s’infliger des blessures de plus en plus graves. En tant que parent, il est normal de vouloir exiger de notre enfant qu’il cesse de s’automutiler et de lui faire pression en ayant recours à des ultimatums et conséquences. Cependant, cette approche peut s’avérer nuisible puisqu’elle augmente le stress chez l’enfant.

Conseils aux parents

Heureusement, il existe plusieurs moyens d’aider votre enfant à adopter des stratégies d’adaptation plus saines.

  1. Parlez-lui de l’automutilation. Si vous croyez qu’il s’inflige volontairement des blessures, ayez une conversation franche avec lui à ce sujet. Le simple fait de lui parler d’automutilation ne l’incitera pas à adopter ce comportement, mais témoignera plutôt de l’attention que vous lui portez. Assurez-vous de lui montrer que son bien-être vous tient à cœur et que vous serez toujours là pour l’aider.
  2. Enseignez les premiers soins à votre enfant. Encouragez-le à laver à l’eau et au savon les coupures et autres blessures mineures afin de prévenir les infections. Si votre enfant s’inflige des blessures plus graves, comme une coupure nécessitant des points de suture ou des brûlures profondes, amenez-le dans une clinique sans rendez-vous ou une salle d’urgence afin qu’il reçoive les soins médicaux requis.
  3. Discutez avec votre enfant des stratégies d’adaptation saines et des techniques d’atténuation des blessures pouvant le soulager à court terme. Bien qu’il ne s’agisse pas d’une solution permanente, il pourrait être utile de lui suggérer de créer une liste de moyens d’adaptation, de détente ou de réduction du stress qui sont efficaces pour lui, par exemple, le chant, le dessin, l’écriture, la musique, le sport et les activités avec les amis. Inscrivez-y également des numéros de téléphone utiles, comme celui de votre programme d’aide aux employés et à la famille ou celui de Jeunesse, J’écoute. Ces solutions de rechange pourraient aider votre enfant à cesser de s’automutiler.

Les techniques d’atténuation des blessures ne doivent être envisagées qu’en dernier recours. Essayez d’abord toutes les stratégies d’adaptation saines; si elles s’avèrent inefficaces et que votre enfant croit qu’il pourrait continuer à se blesser, vous pouvez recourir à des techniques d’atténuation des blessures. On suggère entre autres de porter un élastique autour du poignet et de le faire claquer, de consommer un piment fort ou des grains de piments séchés, de serrer dans la main un glaçon, etc. Veuillez parler à un conseiller avant de suggérer ou de trouver vos propres techniques d’atténuation des blessures.

  1. Demandez du soutien auprès de professionnels. Prenez rendez-vous avec votre médecin de famille ou demandez de l’aide auprès d’un conseiller. Ils pourront vous orienter vers des programmes communautaires pouvant aider votre enfant à gérer ses comportements d’automutilation ou d’autres problèmes sous-jacents d’anxiété ou de dépression.
  2. Adoptez vous-même des stratégies d’adaptation saines et prenez soin de vous. Pour éviter de déverser votre détresse sur votre enfant, veillez sur votre santé en pratiquant des activités et des stratégies d’adaptation saines. Vous serez mieux en mesure de parler calmement avec votre enfant et de le soutenir sans porter de jugement. Afin de commencer votre démarche de mieux-être, n’hésitez pas à faire appel à un conseiller. Il s’agit d’un excellent moyen d’obtenir un soutien émotionnel et de vous aider à gérer la situation.

Pour obtenir de plus amples renseignements, communiquez avec votre programme d’aide aux employés et à la famille et demandez à parler à un conseiller. Composez le 1 866 833-7690 ou visitez le site travailsantévie.com

Ressources supplémentaires :

Programme de recherche sur les prédispositions à l’automutilation chez les adolescents et les jeunes adultes de l’Université Cornell

Ce qu’il faut savoir… L’aide à apporter à un jeune ou à un adolescent qui s’automutile – Information pour parents et aux aidants

Article : Cutting and Self-Harm: Self-Injury Help, Support, and Treatment http://www.helpguide.org/mental/self_injury.htm

Livre : When Your Child is Cutting: A Parent’s Guide to Helping Children Overcome Self-Injury, par Sony Khemlani-Patel, Merry McVey-Noble et Fugen Neziroglu

 

 

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