La dysmorphie corporelle : à la poursuite d’un idéal de beauté hollywoodien

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La dysmorphie corporelle : à la poursuite d’un idéal de beauté hollywoodien

L’on croit souvent que l’obsession de l’image corporelle est l’apanage des femmes. Cependant, les hommes sont de plus en plus fréquemment touchés par la dysmorphie. Les personnes atteintes de cette maladie mentale font une fixation sur leur apparence physique et les imperfections qu’elles y perçoivent.

Le trouble de dysmorphie corporelle compte parmi les maladies mentales chroniques, car il perturbe chaque minute de l’existence des personnes qui en souffrent. Celles-ci ne peuvent passer une journée sans être obsédées par leur corps et leur apparence, et elles en ont tellement honte qu’elles craignent de se montrer à la vue de quiconque. Elles déploieront des efforts immenses pour transformer leur corps, par exemple en faisant de la musculation et en surconsommant des suppléments protéiniques ou même des stéroïdes afin d’augmenter leur masse musculaire; elles passeront un temps fou à la salle de sport et dépenseront des milliers de dollars en frais d’adhésion et en équipement afin de se sculpter des abdos d’acier. D’autres auront recours à la chirurgie esthétique pour corriger des imperfections qu’elles jugent horribles et subiront des interventions douloureuses pour se débarrasser de poils « disgracieux » et obtenir un physique glabre et retouché digne des photos qui ornent les pages des magazines.

Depuis quelques années, on constate un lien beaucoup plus fort entre la publicité et une glorification particulière de l’apparence physique des hommes – National Eating Disorder Information Centre.

Les hommes sont bombardés d’images de jeunes éphèbes au physique herculéen qui, selon les médias, serait la seule morphologie masculine susceptible d’attirer un partenaire. Or, la poursuite de cet idéal est futile et peut même mener à des troubles de l’alimentation. L’anorexie mentale, la boulimie et d’autres troubles de l’alimentation affectent de plus en plus les hommes canadiens, au grand dam des médecins.

Le docteur Blake Woodside, qui dirige le programme des troubles de l’alimentation de l’hôpital général de Toronto, signale que selon des études communautaires réalisées récemment, « un cas d’anorexie mentale sur trois touche un homme; dans le cas de la boulimie, c’est un cas sur quatre ».

Puisque les troubles de l’alimentation sont vus comme des problèmes typiquement féminins, la plupart des hommes sont réticents à demander de l’aide, craignant d’être jugés efféminés; lorsqu’ils se résignent à se faire traiter, leur état est grave.

« Les hommes ressentent beaucoup de honte à l’idée de souffrir d’un trouble de l’alimentation et d’obtenir de l’aide, affirme madame Joanna Anderson, directrice clinique à Sheena’s Place, à Toronto. Si vous allez en thérapie et que vous êtes le seul homme parmi une dizaine de femmes, il est pratiquement impossible de ne pas vous sentir différent. »

Nous vivons dans une société où si l’on n’est pas jeune, mince, musclé et accompagné du partenaire parfait, le bonheur et la réussite sont inaccessibles. Nous en sommes venus à créer de toutes pièces une culture de désapprobation et de déception perpétuelles. Pourtant, nous devrions consacrer notre énergie à demeurer en santé et à apprécier toutes les morphologies et surtout, la personnalité de chacun. Vous pouvez adopter un mode de vie sain en suivant les recommandations du Guide alimentaire canadien et du guide Activité physique de l’Agence de la santé publique du Canada, et communiquer avec votre programme d’aide aux employés et à la famille afin d’obtenir du soutien et des conseils de la part d’un professionnel, qui vous aidera à développer une attitude positive à l’égard de votre image corporelle.

 

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